Une femme mariée de là-bas, à laquelle il faisait la cour avant son départ, lui disait:
—«Autrefois peut-être, mais maintenant, non.
—Pourquoi cela donc?
—C'est bien simple… Autrefois je risquais quelque chose… il y avait un peu de bravoure à me donner… tandis que maintenant je mets un enfant sur le dos d'un honnête homme, qui n'en est pas le père.»
Cette phrase est assez russe.
Puis, il nous entretenait du jeune Demidoff, en train de faire du sport politique, et qui, dans une de ses dernières missions secrètes à Paris, soit à propos de Skobeleff, soit à propos de la lettre de Hugo au czar, avait reçu son brevet de commandeur de la Légion d'honneur, des mains de Mme Adam, brevet que Chanzy n'avait pu emporter.
Et sur la jolie femme, devenue la puissance du moment, il parle curieusement de son échec diplomatique en Russie, et donne de cet échec l'originale raison que voici: elle n'a pas moralement parlant, et selon une expression du pays, la chair froide des princesses Troubetzkoï, et autres femmes de la diplomatie russe.
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Samedi 27 mai.—Bourget nous traçait, ce soir, avec son talent de spirituel et délicat causeur, la silhouette d'un jésuite, d'un abbé M…, qui avait la monomanie de la confession, et le soir, battait les rues et confessait les cochers de voitures, un rien catholiques, stationnant aux portes des maisons,—les confessant monté sur le siège, à côté d'eux.
Un romancier, qui avait entendu parler de lui, songea à l'étonner, et lui demanda à se confesser. Mais au bout de sa confession, que dans son innocence, le romancier croyait effroyable, le confesseur des chenapans sortit de son confessionnal, l'embrassa, lui dit: «Je t'administrerai le coup de torchon (l'absolution) samedi, et nous mangerons ensemble le bon Dieu, dimanche.»