Mardi 1er mai.—Déjeuner chez Ledoyen à l'ouverture du salon. Daudet nous tâte Zola et moi pour savoir s'il doit se présenter à l'Académie. Nous l'y engageons.

* * * * *

————Ce soir, au dîner de quinzaine, chez Brébant, Berthelot parle de l'acuité de l'ouïe, que développent étonnamment chez lui, les excès de travail.

Il se rappelle une époque, où il ne pouvait plus dormir la nuit, empêché par le bruit d'un marteau, bruit qu'on croyait imaginaire. Des recherches étaient faites, et le marteau existait vraiment, mais à sept ou huit maisons de là, et à une distance, où il paraissait impossible qu'on pût l'entendre.

Il est parlé ensuite de Pasteur, et du mystère de ses procédés, qui lui donne quelque chose du côté secret d'un hermétique du XVe siècle.

Là-dessus le nom de Rouher est prononcé par Hébrard, et Spuller de soutenir, avec une certaine animation, que Rouher n'a jamais été qu'un habile causeur d'affaires, tandis que le véritable orateur de l'Empire a été Billault, que lui a supporté le poids des affaires les plus importantes, comme la question romaine. Et il avait ce talent, dit Spuller, de faire avaler cette politique à la fois papaline et libre penseuse de l'Empereur, et son discours faisait dire à des malandrins comme moi: «Non, il n'est pas changé, il est toujours avec nous», et faisait dire en même temps au parti impérialiste catholique: «Billault, il défend les grands principes moraux!»

* * * * *

————Tous des timides ou des lâches—même les gens d'église… est-ce que le président Grévy, le chef de ce gouvernement qui a déchristianisé la France, aurait dû trouver un prêtre pour baptiser sa petite-fille?

* * * * *

—Au passage de l'Opéra, dans la galerie de l'Horloge, au dessous de ALBANEL MAILLARD. Achat de garde-robes en tout genre, on lit: Location d'habits.