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Samedi 3 décembre.—La comtesse de Béhaine me contait aujourd'hui, qu'une jeune fille, qu'elle connaissait, donnait des répétitions dans une institution laïque du Nord de la France, et qu'elle conduisait, tous les dimanches, une vingtaine de fillettes à la messe—cela sur la demande des parents.

Toutes les jeunes filles en se rendant à la messe, portaient un bouquet de trèfle. La sous-maîtresse n'y fit pas attention, la première fois, mais à la seconde ou à la troisième, un peu intriguée, elle demanda la signification de ce bouquet, à l'une des fillettes, qui lui répondit:

«Ah! vous ne savez pas, vous ne savez pas… mais le trèfle est la fleur du doute!»

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—Quelqu'un définissait ainsi un musicien de talent de ce temps: «Il a l'esprit gros et la méchanceté fine».

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Mercredi 24 décembre.—Aujourd'hui, Maupassant qui est venu me voir, à propos du buste de Flaubert, me raconte des choses typiques de la grande mondanité.

À l'heure présente, les jeunes gens du monde chic, apprennent d'un maître d'écriture ad hoc, l'écriture de la dernière heure, une écriture dépouillée de toute personnalité, et qui a l'air d'un chapelet d'm.

Autre chic. Comme les Rothschild ont épuisé tous les genres de chasse, et qu'il n'y a plus de bête sur la terre, qui les intéresse à chasser, on promène, le matin, une peau de cerf dans le bois, et avec des chiens au nez tout particulier, on chasse, tout l'après midi, cette odeur de bête absente, dans une sorte de poursuite d'une ombre. Et Mme Alphonse Rothschild sautant très bien, on prépare d'avance des obstacles, et l'on arrose l'herbe, pour que, dans le cas où tomberait la chasseresse, elle ne se fasse pas de mal.