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————Une jeune fille du grand monde, me contait aujourd'hui, qu'une de ses amies, décidée à épouser un garçon très riche, en dépit d'une saleté repoussante, avait eu l'idée de lui faire ordonner par son médecin, le médecin des deux familles, des bains de vapeur, pour une maladie quelconque, dont il l'avait menacée. Et la jeune fiancée disait: «Enfin il sera propre le jour de mon mariage!»
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————Maintenant, quand j'écris un morceau de style, j'ai besoin avant de l'écrire, de m'entraîner, de me monter le bourrichon, comme disait Flaubert, en regardant des matières d'art colorées, mais une fois cette griserie cérébrale obtenue, il me faut éviter la vue de ces choses, tout le temps que j'écris. Alors ça me distrait, ça me dérange. Et il m'est arrivé ces temps-ci de me priver de regarder, tout un jour de travail, un objet acheté la veille et apporté le matin.
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————Il y a une somme de bêtise que les peuples ne peuvent pas dépasser, sous peine de périr, et la France où l'on ne veut plus qu'il y ait une statue pour Charlemagne, me semble, à l'heure présente, une nation mûre pour le démembrement, pour le dépècement.
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Mardi 25 février.—J'ai vu, ces jours-ci, à une soirée, une jeune femme dans la toilette la plus joliment indécente, qu'on puisse rêver. Elle semblait habillée d'un corset et d'un jupon, sous lesquels il n'y avait point de chemise. Je causais de cette toilette, ce soir, quand une vieille femme s'est mise à dire: «Que l'hydrothérapie avait tué la pudeur chez la jeune génération féminine, que le barbotage dans l'eau, à l'instar d'un canard, que l'habitude journalière de se montrer à sa femme de chambre, entièrement nue, diminuaient, tous les jours, l'effarouchement que les femmes d'autrefois éprouvaient à monter trop de leur peau ou de leurs formes.
Il y a du vrai dans ce que disait cette vieille femme.
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