ANNÉE 1882
Dimanche 1er janvier.—Passé la journée d'hier, moitié à l'église, moitié au cimetière, parmi les noires tentures et les tristesses des musiques de la mort. La princesse, dans la tombée molle d'un grand manteau de laine, et sur la figure un foudroiement étonné, était superbe de douleur. Ah! c'est un grand trou dans son cœur et sa société, que cette mort, cette disparition de sa vieille giraille.
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————Il y aurait vraiment à faire, dans un livre, un beau morceau sur la tristesse désolée, que laissent chez les délicats, les raouts et les fêtes de la misère bourgeoise.
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————Est-ce que chez les lettrés, la publication d'un livre apporterait la déperdition des forces physiques et morales, qui se produit chez les criminels, après la consommation d'un crime?
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Mercredi 4 janvier.—Aujourd'hui la princesse est allée voir un peintre de ma connaissance… Tout à coup, elle s'est mise à pleurer, et a dit «qu'elle ne savait que faire de ses journées… qu'elle voulait voir des choses qui la sortent un peu de son chagrin», ajoutant «qu'elle a besoin que ses amis l'adoptent un peu.»
Il y a vraiment de grandes qualités de cœur chez cette Altesse.
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