En 1763, Frédou, premier peintre de monseigneur le comte de Provence, a été chargé par le sieur Berthier de peindre les portraits qui lui seroient indiqués par lui et par le sieur L'Enfant (Lenfant) dans les tableaux de la salle d'audience de l'hôtel de la Guerre, le marché en ayant été fait et arrêté entre le sieur Berthier et Frédou, à soixante-douze livres pour chaque tête, en présence de Messieurs Lenfant et Causette (Cosette), peintres attachés à l'hôtel de la Guerre.
Le sieur Frédou, après avoir peint dix têtes des portraits énoncés et reçus par les sieurs Berthier et L'Enfant dans les tableaux énoncés ci-dessus, a discontinué cet ouvrage en 1764, à cause des changements que le sieur Berthier a jugé à propos de faire. La demande du payement en a été faite plusieurs fois au sieur Berthier, qui a toujours retardé, disant que cet ouvrage n'était pas fini. Le sieur Frédou, ne pouvant rien obtenir du sieur Berthier, a présenté un placet, en forme de mémoire, à monseigneur le duc de Choiseuil, le 14 juin 1765, qui a ordonné (de payer) le sieur Berthier le 14 août suivant. Le sieur Berthier a mandé à Frédou de venir toucher chez le suisse de l'hôtel de la Guerre, 300 livres, à compte sur celle de 720 convenues pour les dix têtes de portraits faits par Frédou, à raison de 72 livres par chaque tête.
Il restait donc 422 livres à payer, et Fredou adressait pour toucher son argent plusieurs mémoires, en 1771 et en 1772, qui restaient sans réponse. Enfin on lui opposait un reçu d'une somme de 840 francs, touchée des mains de la duchesse de Grammont, pour un portrait du Roi.
Mais (reprend le plaignant) cet article n'a aucun rapport à ce que le sieur Frédou demande pour les ouvrages qu'il a faits pour le Roy à l'hôtel de la Guerre. Les invectives ont suivi les mauvaises raisons du sieur Berthier, qui a aussi dit à monsieur Banière que s'il me payoit la somme que je demande de 420 livres, qui m'est si légitimement due, il seroit tourmenté par une infinité de personnes pour pareille demande, et qu'il en couteroit au Roy plus de quatre cent mille livres. Ensuite a dit au sieur Frédou qu'il le ferait arrêter par quatre invalides et le feroit conduire en prison. Le sieur Frédou l'a défié de faire une pareille sottise, en lui disant qu'il ne le craignoit pas, et qu'on ne fait arrêter que les malfaiteurs et les fripons. Monsieur Banière lui a imposé silence, en représentant de respecter le lieu où cette scène se passoit, et en assurant au sieur Frédou (qu'il rendroit) compte à Votre Grandeur de ce qui s'est passé dans son bureau entre le sieur Berthier et luy, en présence du sieur Prévost, peintre du cabinet du Roy......
Gaucher. Une brochurette de la plus grande rareté, intitulée «Voyage au havre de Grâce par C.-E. Gaucher, à Paris, an VI», contenant une petite notice sur le graveur.
—Une série de billets de Gaucher, adressés au citoyen Renouard en 1795, billets dans lesquels, le délicat et consciencieux graveur parle longuement du soin qu'il apporte au petit portrait de La Fontaine, se plaignant «de sa maudite goutte qui l'empêche de sortir», et proposant, pour une nouvelle édition de Télémaque, une étude sur Fénelon par son beau-frère Poulain de Flins.
Gravelot. Une série de lettres données sur cet artiste dans mon fascicule de «l'Art du xviiie siècle».
Greuze. «Greuze, ou l'Accordée de village, par Mme de Valori, 1813.» Pièce de théâtre qui contient, en tête, la notice la plus documentaire sur le peintre de la Cruche cassée.
Hall. «Hall, sa vie, ses œuvres, sa correspondance, par Frédéric Villot, Paris, 1867.» Curieuse étude, à laquelle manque cette lettre un peu lâche, adressée en 1790, à l'Orateur du peuple[65] qui accusait la jolie femme du miniaturiste d'avoir jeté, à l'Opéra, des pommes, de sa loge, aux patriotes munis de martinets, pour fouetter les femmes en cocardes blanches, applaudissant le chœur d'Iphigénie:
Plusieurs personnes, monsieur, ayant attribué à ma femme l'anecdote de l'Opéra, insérée dans l'Orateur du peuple, je dois à la vérité d'affirmer que ma femme a passé toute la soirée de ce jour chez M. Desmarets, marchand de tableaux à l'hôtel Bullion, rue Platrière, avec M. et Mme Grétry, M. et Mme Sauvage, peintre du Roi, plusieurs officiers du bataillon de Saint-Eustache, ainsi qu'avec M. Berthélemy, aussi peintre du Roi, et plusieurs autres personnes que M. Desmarets pourroit indiquer.