[51] D'après M. Fraissinet,—est-ce bien authentique?—la nouvelle mariée japonaise recevrait dans son trousseau douze robes d'apparat, les robes des douze mois de l'année. La première serait une robe bleue brodée de tiges de jasmin et de bambou; la deuxième, une robe vert de mer à fleurs de cerisier et à carreaux; la troisième, une robe rouge clair, sillonnée de branches de saule ou de cerisier; la quatrième, une robe portant un coucou, ou le signe hiéroglyphique qui représente l'oiseau de bon augure conjugal au Japon; la cinquième, une robe jaune terne, brodée de feuilles d'iris et de plantes aquatiques; la sixième, une robe orange clair, où sont figurés des melons d'eau annonçant la saison des pluies; la septième, une robe blanche mouchetée de kounotis, clochettes pourpre, dont la racine laiteuse est très recherchée en médecine; la huitième, une robe rouge parsemée de feuilles de mimosi ou prunier du Japon; la neuvième, une robe violette ornée de fleurs de la matricaire; la dixième, une robe olive représentant des champs d'épis moissonnés où courent les zigzags de chemins et de sentiers; la onzième, une robe noire recouverte de caractères représentatifs de la neige et des glaçons; la douzième, une robe pourpre chargée de signes idéographiques exprimant les rigueurs de l'hiver.

[52] Une nuance japonaise est un certain vert pour vêtement de dessus, nommé Yama bato iro, ou couleur de pigeon de montagne, et qu'a seul le droit de porter le mikado. Ses robes de dessous, du moins autrefois, étaient des étoffes pourpre tissées de fleurs blanches. Ces étoffes pourpre s'appelaient Teivosasinoki, et leurs dessins Koumo fate wakou ou nuageux.

[53] M. Bousquet parle de dîners d'auberge servis par des servantes à genoux.

[54] Tales of old Japan, by A.-B. Mitford, London, Macmillan and Co, 1871.

[55] D'après une curieuse note de Bergerat, sur des indications fournies par Narushima, un des Japonais venus en France, l'année de l'exposition, Oksaï, O-kou-saï, Fokkusaï, dont le vrai nom serait Hottéyimon-Miuraya, serait né à Yedo au milieu du xviiie siècle, aurait travaillé dans l'atelier de Shiun-Sui-Katsu-Kava, puis chez Shiun-Shivo, et aurait débuté par une suite des Jardins de Yedo. Baptisé par son maître du pseudonyme de Shiun-Bô, il aurait, ce qui n'est pas invraisemblable pour un Japonais, signé, de 1764 à 1798, de cinq noms différents, d'abord Sôri, puis Saïto, puis Tameithi, puis Gakino-Bojin, enfin Katsu-Chika-Fokkusaï, le nom sous lequel il est resté célèbre, et qui veut dire Maison du Nord, par allusion à une maison très reculée et très lointaine, qu'il habitait au nord de la ville.

Son œuvre est très considérable: indépendamment de ses quatorze petits cahiers d'études et de ses trois albums de Fusi-yama, il a été surtout un illustrateur de romans, et principalement des romans de Kiokutei, le romancier en vogue du Japon, et aujourd'hui les Japonais payent des prix énormes les anciens tirages de ses planches. Lors du séjour de M. Philippe Sichel au Japon, un exemplaire des quatorze cahiers d'études d'O-kou-saï, avec annotations et croquetons du peintre, jetés dans les blancs de l'album, était en vente au prix de mille dollars à Osaka. Il est mort dans un âge très avancé, puisque la publication du Fusi-yama est de 1830. Il y a une légende à Kioto, lui prêtant la collaboration d'une fille belle et intelligente, qui ne voulut jamais se marier, se dévouant tout entière à son vieux père, d'humeur, par parenthèse, assez fantasque.

[56] Anthologie japonaise, par Léon de Rosny. Maisonneuve et Cie, éditeurs, 1871.

[57] Les premiers spécimens au moyen de planches, connus au Japon, sont des livres de prières commandés par l'impératrice Shokotu-Tenna, 48e souverain (765-769) pour les placer dans le million de pagodes à miniatures et à trois étages, qu'elle avait fait construire.

[58] M. Sato disait à Burty que ces impressions étaient pour la plupart des feuilles détachées de Livres d'amis. Une société, dans ses réunions, tout en prenant le thé, s'amusait à composer des vers, à laver des dessins, et, au bout de l'année, vers et dessins étaient donnés à un graveur en couleur, qui en tirait un nombre d'exemplaires limité aux membres de la société.

[59] Les garde-robes théâtrales au Japon sont immenses et très coûteuses. M. Réal s'est trouvé sur les lieux, quand on a vendu le matériel du prince de Tosa, acheté par le théâtre d'Osaka. Il y avait 6,000 robes et pantalons de théâtre qui furent vendus 4,200 piastres, 210,000 francs: ce qui mettait à 7 piastres des robes qui avaient coûté 100 et 150 piastres pièce.