Bourguignon dit Gravelot (Hubert-François). Le grand vignettiste du xviiie siècle, un des plus savants dessinateurs de son temps[20], et dont le dessin a cette qualité d'être toujours, en les plus petites choses, un contour flottant et roulant de la forme, et cela encore très souvent cherché sur la chaleur du fond, sur un frottis de sanguine,—une des habitudes à laquelle on reconnaît, sur le papier, les coloristes de l'époque.—Gravelot a enfin une grâce, toujours appuyée sur l'étude de nature, que n'a pas Eisen, fabriquant trop souvent sa grâce de chic. La vente du général Andreossy, en livrant aux enchères de grands dessins trouvés par le général pendant son ambassade en Angleterre, a été une révélation de l'énorme travail de préparation des petites vignettes de Gravelot. Il les cherchait d'abord d'après nature, ou d'après des mannequins articulés qu'il avait fait exécuter à Londres, dans de larges dessins au crayon noir rehaussés de blanc, et tout semblables à des études de Lancret. Cela fait, il les mettait au carreau, puis les réduisait en de petits dessins du format des livres, exécutés à la mine de plomb avec le plus grand fini.
En 1809, à la vente Guyot passait le Portefeuille de Gravelot, le livre de ses croquis. C'est sans doute cette réunion de dessins retrouvée, par M. Danlos fils, qui a été vendue, il y a deux ou trois ans, à M. Bocher.
—Jeune homme en costume de cour, saluant, le tricorne à la main; derrière lui un piédestal, où il y a une femme-sphinx sur le dos de laquelle est assis un amour.
Dessin à la mine de plomb et à la sanguine.
Vente Andreossy.
H. 24, L. 17.
—Jeune homme en costume de cour, le tricorne sous le bras, une main étendue en avant; dans le fond, une architecture de palais.
Dessin à la mine de plomb et à la sanguine.
Ce dessin et le précédent sont frottés de sanguine au revers pour être gravés.
Vente Andreossy.