Lavreince (Nicolas). Un gouacheur qui n'a rien de la large manière de Baudouin, mais non sans mérite dans ses compositions d'une coloration aimable, d'un travail précieux, d'un badinage de pinceau dans les étoffes, léger, volant, zigzagant, et dans les chairs d'un fin aiguillage de petits tons délicats. Lavreince est, à l'heure qu'il est, la coqueluche des amateurs de tabatières, et cette année un riche carrossier, M. Mülbacher, vient d'acheter 25,000 francs les deux gouaches de «l'Assemblée au Salon» et de «l'Assemblée au Concert». Les deux gouaches, cataloguées ici, ont été achetées par moi moins chèrement chez un coiffeur de la rue de Vaugirard. Le besoin d'amuser, par quelque chose accroché au mur, l'homme auquel on coupe les cheveux, dont on racle le menton, a fait de la boutique des coiffeurs de la banlieue et de la province une des mines où les marchands de Paris et quelquefois les amateurs ont fait les plus heureuses retrouvailles de dessins et de gravures du xviiie siècle.

—Dans un parc, un homme assis à terre et lisant une brochure, où se distingue le nom de Figaro, à une société parmi laquelle sont deux femmes debout, abritées sous la même ombrelle; en un coin, une jeune fille chatouille avec une paille la figure d'un petit garçon qui dort.

Gouache sur vélin.

Signé: Lavreince, 1782.

Gravé de la même grandeur par Gutenberg, sous le titre: le Mercure de France. On lit dans l'annonce de la mise en vente de cette gravure publiée dans le Mercure de France du 27 novembre 1784: «La principale figure est M. de Beaumarchais lisant dans le Mercure l'extrait du Figaro

H. 29, L. 34.

—Sous de grands arbres, un homme couché à terre, un coude appuyé sur un tabouret, jouant de la flûte, un abbé pinçant de la guitare, une femme jouant de la mandoline; au milieu du groupe, une autre femme tenant ouvert un livre de musique, sur lequel est penchée une jeune fille.

Gouache sur vélin.

Signé: Lavreince.

Gravé de la même grandeur par C.-N. Varin, sous le titre: le Concert agréable.