Ces tableaux de Paris ont pour annexe: «le Provincial a Paris, ou État actuel de Paris... en quatre volumes in-24 et cinq cartes nouvelles... chez le sieur Wattin fils, 1787», petit ouvrage rare, indiquant tout ce que chaque rue renferme d'intéressant, et dont cette page, dans un des volumes que j'ouvre au hasard, peut donner une idée:
Rue des Fossés Saint-Germain des Prés.
- 11, Café de Procope.
- 14, Bureaux de M. Paul, inspecteur de Police.
- 18, Cour du commerce.
- 38, Poudre de fleur dentifrice par le sieur Courtois, dentiste.
- 39, Monseigneur le Dauphin et Madame fille du Roi, estampes d'après madame Lebrun, gravées par le sieur Blot.
- 42, Ancienne salle de la Comédie-Française.
- 52, Écusson de Me Boutet, notaire.
Un autre état, encore plus rare que celui-ci, et rédigé sur le même plan, où Paris est divisé en quatre grands quartiers, a paru en 1803. Il a pour titre: «État actuel de Paris. An XI. A Paris, chez l'auteur le citoyen Précien, rue Apolline, no 34.»
Après ces descriptions, ces tableaux, ces états, la nombreuse série des livres décrivant Paris, sous des titres divers, et dans des années différentes.
«Le Géographe Parisien, ou Conducteur chronologique et historique des rues de Paris, 1769.» «Recherches critiques, historiques et topographiques sur la ville de Paris... par le S. Jaillot 1775»; «Dictionnaire historique de la ville de Paris et de ses environs, par MM. Hurtault et Magny... 1779»; «Description historique de Paris et de ses plus beaux monuments gravés en taille-douce par Martinet, ingénieur et graveur du cabinet du Roy... par Beguillet, 1779»; «Voyage pittoresque de Paris, ou indication de tout ce qu'il y a de plus beau dans cette grande ville en peinture, sculpture et architecture par M. D. (d'Argenville), 1757»; «Dictionnaire pittoresque et historique... par Hébert, 1766»; «Almanach du voyageur à Paris par Thiery, 1784»; ouvrage, qui avait été précédé, en 1780, de «l'Almanach pittoresque et historique et alphabétique des riches monuments que renferme la ville de Paris»; «Nouvelle Description des curiosités de Paris, par Dulaure, 1786»; «le Voyageur a Paris... par Thiery, 1788»; «le Voyageur a Paris, tableau pittoresque et moral de cette capitale, 1797»; «les Ruines Parisiennes depuis la Révolution de 1789, avec des remarques historiques sur chacun des Établissements qui ne subsistent plus... an VII.»
Et en dernier lieu, les livres sur les environs de Paris, dont les monuments sont gracieusement indiqués sur les estampes du temps, non par des étoiles, mais par le vol d'une, deux, trois hirondelles: livres de Dulaure, de Villiers, de Delort, et livres peu connus parmi lesquels je n'en citerai que deux: «Description d'une partie de la ville de Montmorency, par M. ***, ancien professeur de grammaire à l'École Militaire, Tempé 1784», volume où se trouve la description de la maison de la comtesse d'Houdetot, du parc de Montmorency appartenant à la duchesse de Luxembourg, de l'habitation du comte de Tressan à Franconville, et, près d'Aubonne, du jardin curieux d'Audinot, le directeur de l'Ambigu, avec sa faisanderie, son temple, et sa rivière en verre, jouant l'eau aux lumières de la nuit: un exemplaire venant de Debure et contenant 26 planches au lieu de 19. Le second volume est intitulé: «Lettres a Jennie sur Montmorency, l'Hermitage, Andilly, Saint-Leu Chantilly, Ermenonville et les environs, avec des détails inédits ou puisés aux meilleures sources concernant J.-J. Rousseau, Saint-Lambert, le maréchal de Luxembourg, le prince de Condé, Grétry, mesdames d'Épinay et d'Houdetot par M. Fl***.» Il nous apprend, ce livre, une des dernières volontés de la comtesse d'Houdetot, qui voulait peut-être se rapprocher, dans la mort, de Rousseau: «J'ordonne que mon cœur soit mis à part et porté dans le tombeau ou près le tombeau de mon père et de ma mère à Épinay.» A ces curiosités sur les environs de Paris, joignons-y, en fouillant dans le carton des vues de Paris, deux estampes toutes différentes et relatives à ces environs. L'une qui a pour titre: «le Mont Valérien, ou Calvaire à deux lieues de Paris», fait voir une montagne abrupte, où serpente un chemin montant entre de petits oratoires, quatorze stations, avec logement pour les prêtres et les étrangers. L'autre est le «Bal de Vincennes qui se tient toutes les festes et dimanches à une petite lieue de Paris», un bal en plein air, entouré de tribunes éclairées par des lanternes en barillet, et où huit couples sont en train de danser.
Faisons suivre ces généralités sur Paris et sa banlieue des livres, des cartons de papier, des documents relatifs à des établissements spéciaux.
Sur la Foire Saint-Germain dont une vue d'optique[21] nous a conservé l'aspect, j'ai eu la bonne fortune d'acquérir à une vente de Charavay, une collection de pièces manuscrites les plus intéressantes. Ce sont des titres anciens, des actes, des lettres concernant la Foire Saint-Germain de 1654 à l'an VI, et entre autres: Assemblée générale de MM. les propriétaires en la salle du bailliage de l'abbaye de Saint-Germain, en date du 25 mars 1762; arrêt du Parlement concernant la Foire Saint-Germain et le mode de location, 1766; Mémoire contenant un historique de la Foire Saint-Germain et sa situation en l'an II de la République avec une liste de ses propriétaires, leurs noms, leurs demeures, le numéro et le nombre de leurs loges; lettres de l'architecte Rondelet à propos de la Foire Saint-Germain en l'an III; copie du bail fait par l'administration du Domaine national au sieur Quentin, du marché Saint-Germain, an IV.
Ces pièces manuscrites sont accompagnées de la brochure intitulée «l'Incendie de la Foire Saint-Germain et sa nouvelle reconstruction, poème en quatre chants par M. de ***; Paris, chez Langlois fils, 1764», où le poète dit, en parlant de l'ancien baraquement: