TOTAL DE L’ÉTENDUE DES FORÊTS DANS LE VILAYET DE HUDAVENDIGHIAR

Sandjak dedenumshectares
Brousse12,206,8801,220,688
Karassi3,630,510363,051
Kutahia5,440,660544,066
Kara-Hissar4,081,010408,101
25,359,0602,535,906

CHAPITRE VIII
LES VOIES DE COMMUNICATIONS

Les routes. — Les rivières. — Le chemin de fer de Moudania. — La poste impériale de Bagdad à Constantinople.

I
LES ROUTES

Les plus sérieux obstacles qui s’opposent au développement des relations commerciales et industrielles dans le vilayet de Hudavendighiar consistent dans l’état de délabrement des quelques routes qui existent encore et dans l’absence de voies praticables, propres aux transports dans toutes les localités sans exception. En été les difficultés de communications ont pour résultat l’augmentation énorme des prix des denrées et autres marchandises ; en hiver, la circulation étant impossible, les rapports sont forcément suspendus.

Le gouvernement turc a cependant, en 1862, publié un règlement complet concernant la construction et l’entretien des routes, fixant la part contributive de l’État, déterminant les journées et la valeur des prestations dues par les indigènes. Mais ce règlement est resté à l’état de lettre morte. Le gouvernement ne possédant pas lui-même les fonds nécessaires à la part de travaux qui lui incombe ne peut appeler les prestataires à remplir leurs obligations.

Les transports se font, pour les petites distances, par chevaux, mulets et ânes, pour les trajets plus considérables par les caravanes, à dos de chameaux.

On estime que les caravanes occupent dans l’Asie-Mineure environ 160,000 chameaux ; un dixième au moins succombe annuellement sous les fatigues des longues routes. Ces difficultés que l’on rencontre partout au même degré accroissent dans de notables proportions le prix de transport des marchandises et rendent la durée du parcours très longue. Elles augmentent aussi les chances de vol, d’avaries, de pertes, et ces causes réunies surhaussent énormément le prix de revient.

Là où existent des routes à l’état réellement embryonnaire, principalement sur le littoral, les transports se font aussi par arabas, sortes de petites voitures non suspendues, traînées par des buffles ; les essieux de ces arabas jamais graissés et tout en bois produisent une musique des plus discordantes et par suite du grincement et du frottement finissent par se rompre. Aussi, dans les chemins, rencontre-t-on presque toujours deux ou trois arabas aux essieux brisés. Les buffles accroupis sommeillent paisiblement, et l’arabadji, étendu nonchalamment au pied d’un arbre, fume doucement sa cigarette, en attendant, sans impatience, le passage de quelques confrères qui pourront, par hasard, lui fournir un essieu neuf.