Il s'empoisonnait à plaisir de toutes les imaginations si soigneusement bannies de ses heures amoureuses; il appelait tout ce qu'il avait fui; il affirmait tout ce qu'il avait nié.
—Elle pense à lui! Et moi, stupide, je combinais qu'elle rêve à moi! Son amant! Quand on s'offre un amant, ce n'est pas pour aimer un mari. Si elle désire quelque chose ou quelqu'un, c'est celui-là… Euh!
Il mordait ses poings.
—Et lui, qui s'en cache, il la désire aussi. Qu'ils se rejoignent donc, ils sont faits l'un pour l'autre! Je ne veux pas!… Misère!
L'horrible ville qui le narguait!
—Dire qu'il faudra tantôt le revoir encore son amant, m'asseoir en face de lui, être gracieux, lui répondre… Pourquoi l'ai-je amené, aussi? C'était littéralement fou… Mais qu'est-ce que j'aime donc, maintenant?
Néant.
Ah! Si la solitude est bonne aux forts, quand ils la cherchent, elle est dure et mauvaise à tous, quand elle s'impose.
Il alla dîner seul, dans une auberge.
Elle et lui!