Les souhaits de ce genre-là se réalisent sans le secours de l'occultisme; le Diable n'a pas besoin de s'en mêler: nous suffisons. Au bout d'une semaine, Dieudonat vit apparaître les fonctionnaires comptables qui venaient s'installer sur la montagne, et procéder à l'encaissement des subsides: le bon Duc avait consenti!

Il ne mettait à cette faveur que trois conditions: il fixerait lui-même et sans discussion le montant des apports; il n'admettait, comme le baron, que les versements métalliques; nul autre que lui désormais n'aurait part aux libéralités du Prince, qui devait s'y engager par serment.

Dieudonat souscrivit à tout pour sauver l'âme de son père. Le soir même, afin d'être débarrassé plus vite d'un devoir qui promettait peu d'agréments, il fabriqua force pistoles et lingots.

—Est-ce assez?

Il fallut recommencer le lendemain, le jour suivant, et tous les jours.

—Encore?

—Encore.

Les appétits du Souverain se montraient considérables, sans doute parce que les besoins étaient grands. Dieudonat put constater que l'administration organisait un service régulier de convois: il apprit également qu'elle s'occupait de frayer des chemins à travers la forêt, et de jeter des ponts volants sur les rivières; il sut que des gagne-petit installaient des guinguettes au long des routes, dressaient des baraquements à l'usage des rouliers et de leurs attelages.

—J'en ai pour un moment...