—Il le prétendait autrefois, mais j'ai su changer son esprit.
—Tu n'as changé que ses mœurs.
—Cela revient au même, ma mie. Vous n'entendez rien aux affaires du gouvernement; j'ai pourri cet homme et je l'ai dans la main, car entre mille autres cadeaux, je lui ai donné une chose dont on ne se dépêtre plus: des besoins.
—Allez-y voir, beau Sire, et si tu ne me crois pas, fais comme moi: demande-lui ce dont tu as envie.
L'autocrate, inquiet d'abord, puis furieux, ceignit son épée et se précipita chez son fils adoptif. Il fut désagréablement surpris de trouver là sa propre fille, qu'il ne cherchait pas.
—Que fais-tu ici?
—L'amour, papa.
—Nous aviserons plus tard à ce détail. J'ai à régler avec celui-ci, pour l'instant, des comptes d'un autre genre! Est-il vrai...
Mais Dieudonat l'interrompit sans déférence:
—Est-il vrai, ô Roi, que j'aie causé dans ce pays tant de maux et de désespoirs?