Alors, comme on riait toujours, il revint cacher son visage et sa peine dans les poils rêches de l'épaule canine.

Au cours de la journée, Noiraud prit un œil grave et des bésicles rouges; parfois, il baissait la tête avec une mine étonnée et il examinait son ventre: n'y apercevant rien d'insolite, il avait l'air de réfléchir à une incompréhensible affaire. Un peu plus tard, il se mit à lécher sa peau, qu'il râpait avec persistance, lentement, toujours à la même place, au creux de l'estomac; et, tour à tour, il essayait de se coucher, de se lever, de s'asseoir: de faibles gémissements gonflaient ses joues obliques.

—L'ami... Pauvre l'ami...

Onuphre ne travaillait plus: la cloche et les appels répétés, les lazzi et les réprimandes, rien n'arrivait à lui; immobile devant un paquet de souffrance, il oubliait tout le reste et répétait:

—L'ami, pauvre l'ami...

Le chien se rapprochait de cette pitié et répondait de l'œil:

—Ne te désole pas, ça va passer. J'ai mal, mais je t'aime bien.

Puis, d'un coup de langue sur l'invisible blessure:

—Voilà l'endroit. Pourtant, personne ne m'a jeté de pierre. Je n'y comprends rien.

Dieudonat caressait le ventre et Noiraud léchait la main. Le nez du chien devint sec et chaud; une salive rosée apparut au bord des babines.