—Mais, de quoi vivre?

—Eh! eh! j'avais prévu, quasiment: je me méfiais. Il a son gagne-petit, allez! Tond-les-chiens-et-coupe-les-chats, comme moi! Je lui ai montré la mécanique avec la manière de s'en servir.

—Et des outils?

—Les miens, pardine! Mes grands ciseaux, mon couteau neuf et une belle boîte pour les mettre, toute garnie de cuir, avec de gros clous de laiton; elle est jolie, allez! Elle ouvre, elle ferme... Il l'admirait assez et la tournait dans tous les sens. Depuis le prédicateur, je la cloutais exprès pour lui, crainte de ce qui devait arriver; mais j'ai pas eu le temps de la finir, à preuve que voilà le reste de mes clous. Ils brillent, hein?

—Magnifiques!

—Ils coûtent cher. J'épargnais sur le manger. Je me disais: «Ce sera pour mon petit Onuphre.» Et, chaque fois, je riais, et ma soupe prenait meilleur goût, de n'avoir ni beurre ni lard. Vous me croyez pas?

—Si fait: vous vous priviez... Et pour donner, vraiment donner, il faut se priver, sans doute?

—Bien sûr! Quand on se prive pas, on ne donne point, hein?

—On rend, n'est-ce pas?