[III]

PREMIER CONTACT AVEC LES CLASSES DIRIGEABLES

Il se produisit au cours d'une promenade.

Dieudonat était sorti du manoir en compagnie de dom Ambrosius, et ils cheminaient hygiéniquement sur la grand'route, après le repas de midi. C'était une belle journée d'octobre: un ciel encore lilas enveloppait des arbres encore jaunes, en arrière desquels un enchevêtrement de branches défeuillées mettait des fonds de nuées violettes; les mousses faisaient un sol de bronze, semé d'or, et, parmi les rayons obliques du soleil, le froid dardait malicieusement ses premières flèches.

—Le fond de l'air est frais, dit l'aumônier.

—Où est-il, monsieur l'abbé, le fond de l'air?

L'ecclésiastique, sans répondre, haussa les sourcils, ce qui est la plus discrète façon d'indiquer un désir de hausser les épaules.

—Voyons, trottez, courez, soyez de votre âge, au lieu de marcher comme un margrave, et de vous travailler la cervelle.

—Eh! monsieur l'abbé, ma cotte de fourrure est lourde, et je me fais vieux.