Rechercher quels furent les embrassements célèbres ou marquant une époque dans les phases de la grande Légende. Tout voir, dire un type de tout.
Depuis l’accouplement de ces deux corps sans nom que Leibnitz a rêvés, et du baiser desquels naquit la molécule; jusqu’à ce qui se fera dans le monde des âmes, par delà l’heure où le clairon fatal aura sonné, quand l’essence de notre être moral, sans sexe, sans corps, s’abîmera, plein de religieuse lumière, dans une jouissance d’onanisme divin...
Tout voir, sous tous les cieux, sous tous les Dieux.
La Genèse: Adam et le premier coït; les Anges amoureux de la Femme; Sodome près de Gomorrhe, et les mâles consolés de la froideur du sexe faible; Onan, fils de Juda, qui frustrait son épouse au profit de sa dextre.
L’Inde et Bouddha; la Chine et Koung-Fou-Tseu, porté cent ans au ventre de sa mère; la petite Kéops, pyramide vénérienne, lente pyramide où l’amour venait chaque matin poser une pierre nouvelle, apportée chaque nuit à la fille du Pharaon par un nouvel amant qui payait son bonheur en granit; et l’Égypte morte, après des siècles et des siècles, dans la dernière nuit de Cléopâtre.
Le Paganisme Grec, avec Pasiphaë se damnant aux bras d’un taureau; Narcisse et ses soliloques; Danaé et ses divines erreurs; et Sapho, l’aïeule des Paule Giraud; et Batyle, pâmé sous Anacréon; et Diogène polluant de spermatozoaires le pallium des Corinthiens.
Le Paganisme à Rome: jours de Saturne, jeux d’Isis, fêtes du Phallus; scènes où la couche nuptiale est sans rideaux; Messaline impératrice de lupanar; Néron empereur amoureux d’une blessure...
Puis le Christianisme et ses premiers adeptes: Philippus le Diacre, et Magdeleine la repentante.
Et ce sera la grande épopée du Moyen Age, les Roland et les Olivier, ces preux sans fatigue.
Et les ans passeront, et les temps nouveaux apporteront les cours d’amour, les congrès, les épreuves du couchier et les droits de jambage.