—Aujourd’hui aussi, je suis soûl!

—Toussaint! Regarde la mer qui monte!

—Oui, je suis soûl! Tu diras pas non! Mais t’as besoin que je t’envoie à terre, alors, tu fais la chatte!

Elle essaya de sourire, mais son sourire était tordu d’angoisse. Il ploya les jarrets, et les mains aux genoux, rabougri, avançant la tête, avec des yeux en fureur et une mimique de bête:

—Miaou, la chatte! Miaou, que tu fais! Et tu viens te frotter! Et puis, au fond, tu te fous de moi! Je te connais, va!

—La mer arrive, Toussaint!

—Oui, je te connais! Mais quand je suis soûl, on ne m’en conte pas! Je te connais!

Grisé de plus en plus par ses propres paroles, il serrait les poings, prêt à frapper, et ses coudes se relevaient en ailerons, battant l’air.

Anne-Marie recula d’un pas. Il demeura sur place, mais toute sa volonté le tendait en avant. Un silence s’étala entre eux. Soudain, l’homme hurla: