--En plein xxe siècle! Grommelait M. Jasmin-Brutelier. Quelle honte!
--Je n'avais qu'elle au monde, me disait souvent Bouldouyr, c'était ma joie, mon amour, ma vie! Que deviendrai-je si je ne la vois plus? J'en mourrai, voyez-vous, Salerne!
Je m'efforçai de la rassurer, mais j'étais moi-même en proie à la plus vive inquiétude.
Florentin Muzat mit quelque temps à comprendre qu'il ne rencontrait plus Françoise. Il croyait toujours qu'il l'avait vue la veille. Enfin, quand on eut réussi à lui faire accepter l'idée de sa disparition, il prit un air mystérieux et nous confia solennellement:
--Je vous l'ai toujours dit: ce sont les crapauds qui l'empêchent de passer!
CHAPITRE XVIII
Après lequel le pauvre lecteur n'aura plus grand'chose a apprendre.
"... et ce désir, cher à tout grand esprit, même retiré, de donner des fêtes..."
Stéphane Mallarmé.
J'étais resté plusieurs mois sans nouvelles de Victor Agniel. La petite société que je fréquentais avec tant de plaisir m'avait, je l'avoue, un peu distrait de mon filleul. C'est un trait de mon caractère qu'une peur constante de peiner, de froisser les gens. En cette occurrence, - oubliant tout à fait quelle carapace solide formait l'épiderme de ce jeune homme, - j'eus, Dieu seul sait pourquoi! des remords de ma négligence, et je lui envoyai un bout de billet.
J'en reçus un autre par retour du courrier: Agniel m'invitait à déjeuner avec lui, dans une rue voisine, où je trouvai un charmant restaurant Empire, à médaillons de stuc, et dont j'appris avec agrément qu'il était l'oeuvre de Percier et Fontaine.