Elle ajoutait sur un ton bon enfant, se tournant en souriant vers la pratique:

—Et avec cela, ma belle, qu'est-ce qu'il vous faut?

Tout à coup, s'interrompant dans sa besogne délicate, qui consistait à mesurer de la fourniture à une bourgeoise, qui achetait une salade, elle poussa un grand cri de surprise!

Sur le pas de la porte, précédant un lieutenant,—qui donnait le bras à une fraîche et accorte jeune femme, endimanchée, toute empêtrée dans une robe d'organdi, la tête empanachée d'un haut bonnet tuyauté,—un grand garçon, à l'air fier et au visage martial, venait d'apparaître...

Il portait l'uniforme de grenadier...

Il souriait... il tendait les bras...

—Eh bien, maman Hoche, on ne me reconnaît donc pas! dit-il en avançant brusquement et en serrant sur sa poitrine la bonne femme, émue, tremblante de joie et frissonnante d'orgueil.

Les pratiques, ébahies, regardaient, stationnant, à quelques pas de la boutique, le cabriolet qui avait amené de Paris le jeune homme et ses deux compagnons. On admirait l'uniforme tout neuf, le chapeau, l'écharpe, la ceinture et la ganse d'or du sabre du jeune militaire.

Et les commères murmuraient:

—C'est un capitaine!...