Tous, en quittant leur pays natal, avaient fait don à leurs parents de ce qu'ils possédaient, en déclarant qu'on devait les considérer comme déjà morts.

Et ces héros allaient, la chanson aux lèvres, au-devant de cette mort pour la patrie, qui, pour eux, était, comme on l'a dit depuis, le sort le plus beau, le plus digne d'envie.

Par les routes, afin d'abréger la longueur des étapes, ils entonnaient sur l'air de la Carmagnole quelque refrain naïf et bon enfant, comme la Gamelle:

Savez-vous pourquoi, mes amis,

Nous sommes tous si réjouis?

C'est qu'un repas n'est bon

Qu'apprêté sans façon.

Mangeons à la gamelle!

Vive le son (bis)

Mangeons à la gamelle!