Comme on approchait de Verdun, dont les murailles se dressaient au-dessus de la campagne boisée, le commandant Beaurepaire fit faire halte.
Il était prudent d'observer les abords de la place.
Les Prussiens n'étaient pas loin; d'après les derniers renseignements, l'on pouvait craindre de tomber dans une embuscade.
Sur un monticule, au milieu de taillis, bien abritée, invisible de la ville, la petite armée campa.
On dominait une gorge verdoyante, au fond de laquelle se groupaient quelques maisons.
Un berger, qui avait suivi les soldats depuis leur rencontre auprès de Dombasle, fut interrogé par Beaurepaire.
Il ne put fournir aucune indication sur le mouvement présumé de l'armée ennemie.
Beaurepaire allait renvoyer le berger. Il le rappela et lui demanda:
—Le nom de ce petit village, en face, entre les collines et que des bois cachent si complètement, le connais-tu?
—Oui, monsieur... c'est Jouy-en-Argonne!