Dans ces hôtes élégants, Catherine avait reconnu sa protectrice, et aussitôt son plan fut bien arrêté: elle se rendrait au château, elle verrait Blanche de Laveline et lui apprendrait que son enfant, le petit Henriot, se trouvait tout près d'elle, sous la protection des baïonnettes de Lefebvre...

On combinerait ensuite la façon la moins périlleuse de réunir la mère et l'enfant, en leur facilitant le passage à travers les lignes.

Sa résolution prise, Catherine, ayant mis dans sa ceinture les deux pistolets dont elle avait coutume de s'armer les jours de combat, sortit à la brune du camp et se dirigea vers le château de Lowendaal.

Elle n'avait rien dit à Lefebvre, car il eût probablement désapprouvé l'expédition, redoutant les périls auxquels s'exposait sa femme courant les bois et les plaines, la nuit, entre les deux armées prêtes à prendre contact.

Mais, avant de partir, elle embrassa longuement le petit Henriot, déjà au lit, dans le chariot où reposait aussi Alice, en murmurant:

—Dors... petit, je vais chercher ta mère!...

Puis elle se mit en route, insoucieuse et brave, se moquant des Autrichiens qui battaient la campagne, un peu inquiète cependant du retour, craignant d'être grondée par Lefebvre.

Au moment où elle franchissait un petit bouquet d'arbres, dernier avant-poste français, elle vit se dresser devant elle une forme longue et maigre...

La silhouette d'un homme, embusqué derrière l'un des arbres, lui apparut...

Elle porta la main à sa ceinture, prit un des pistolets, l'arma et dit, pas très fort, de peur d'être entendue des sentinelles postées dans le voisinage: