Catherine lui conseilla de rester plutôt au château. Le lendemain, au jour, on saurait à quoi s'en tenir sur les mouvements de l'armée autrichienne. Peut-être les Français viendraient-ils occuper le château. Rien ne serait plus simple que de lui amener alors l'enfant. Se hasarder au milieu de la nuit, à travers la campagne que parcouraient les éclaireurs, était folie!
—C'est bon pour moi, une cantinière, de courir ainsi entre deux armées! dit gaiement Catherine.
Et La Violette ajouta:
—Vous ne savez pas ce que c'est d'avoir peur, mam'zelle!... c'est effrayant, allez! je connais ça, moi!... restez ici, c'est le meilleur... M'ame Lefebvre, dites-lui donc qu'il peut y avoir encore des Autrichiens dans la houblonnière!
Catherine confirma l'opinion de La Violette. Blanche devait raisonnablement passer la nuit au château et le lendemain on aviserait.
Mais mademoiselle de Laveline déclara alors à Catherine qu'elle voulait fuir le château où, par force, on entendait qu'elle fût, cette nuit même, éternellement liée au baron de Lowendaal.
Que faire? se demanda la bonne Catherine embarrassée, et elle murmura: Quel malheur que Lefebvre ne soit pas avec nous!... il nous donnerait un bon conseil, lui!... Si encore cet imbécile-là avait une idée, grommela-t-elle en regardant La Violette...
—Voyons! as-tu une idée, toi? demanda-t-elle avec brusquerie à l'aide-cantinier.
—Si vous voulez, m'ame Lefebvre, répondit-il timidement, je m'en vas retourner au camp et je ramènerai le petit.
Catherine haussa les épaules.