—Lequel?... parle, ma bonne Catherine... je suis prête à tout braver plutôt que de me laisser violenter par cet homme... je n'irai pas à la chapelle!...
—Si quelqu'un s'y rendait à votre place?... cela permettrait de dérouter un quart d'heure leurs recherches...
—Un quart d'heure, ce serait le salut! dit Blanche. Je pourrais sortir du parc, me cacher dans la campagne... Qui sait? atteindre peut-être les avant-postes français... Oui! l'idée est excellente... Mais qui donc oserait ainsi prendre ma place?
—Moi! dit Catherine... Allons! il n'y a pas une seconde à perdre... Donnez-moi votre manteau... Hâtez-vous! Tenez, voilà votre baron qui sort.
Lowendaal, ayant examiné si tout se trouvait disposé à la chapelle pour la cérémonie, revenait, satisfait, chercher M. de Laveline et donner en passant des ordres aux écuries pour le départ. Aussitôt le mariage célébré, il comptait monter en berline et gagner avec sa jeune épousée la route de Bruxelles. L'approche de l'armée autrichienne et l'imminence du combat lui faisaient avancer l'heure qu'il avait fixée pour la cérémonie et pour le voyage.
Rapidement, Catherine s'était enveloppée du manteau de Blanche.
Celle-ci, se couvrant de la cape dont elle avait eu la précaution de se munir, après avoir embrassé silencieusement l'énergique cantinière, s'éloigna suivie de La Violette, tout fier de son rôle nouveau d'écuyer d'une demoiselle errante...
Catherine les suivit anxieusement jusqu'à ce qu'elle vît leurs formes se fondre dans la nuit...
Ils avaient alors atteint la limite du parc...
Blanche se trouvait à l'abri des violences du baron de Lowendaal. Elle allait bientôt embrasser son enfant.