—Dites à trois, fit une voix timide, et le long La Violette apparut. Son sabre n'avait plus de fourreau, son uniforme était haché de coups de sabre. Il était coiffé d'un casque de capitaine de dragons impériaux.

—Tu viens avec nous, La Violette?... C'est bien ça, mon garçon!... Il s'agit, tu sais, de notre petit Henriot, car c'est certainement lui que ce misérable Léonard a abandonné dans le château.

—Il s'agit de vous, m'ame Lefebvre!... j'veux pas vous laisser seule, dans les champs de bataille, vous le savez bien... ah! c'est que j'ai eu une fière peur toute la journée, allez!... il s'en apercevait, le capitaine de dragons!... oh! oui, quand il m'a fendu mon shako d'un coup de sabre... J'étais décoiffé, voyez-vous...

—Et tu l'as tué, le capitaine?...

—Oui... pour lui prendre son casque... je ne pouvais pas m'en aller nu-tête... j'aurais eu l'air de m'être endormi pendant qu'on se battait... Oh! ça n'a pas été si commode, m'ame Lefebvre!... le capitaine avait auprès de lui cinq dragons qui ne voulaient pas me laisser emporter le casque de leur chef... ils y tenaient, paraît-il! Je l'ai eu tout de même, vous le voyez... mais ça a été dur... les cinq dragons ont tenu bon jusqu'au dernier... c'est très entêté, ces Allemands!...

—Brave garçon, tu as fait cela, toi... un aide-cantinier?...

—Oui, m'ame Lefebvre... Mais marchons, allons au château... vous verrez que, la nuit, je vous l'ai dit, je ne suis pas un poltron...

Au moment où ils se disposaient à se mettre en route, une forme sombre se dessina, leur barrant le passage...

Catherine eut un mouvement de surprise:

—Comment! c'est vous, major Marcel? dit-elle étonnée.