Catherine poussa un cri.

—Toi!... te marier... Eh bien!... et moi...

—On divorcerait...

—Le divorce!... il a osé proposer ça! il a osé parler de nous faire divorcer?... Mais il est abominable, l’Empereur!... et que lui as-tu répondu, Lefebvre?

Le maréchal ouvrit ses bras en souriant...

Catherine s’y précipita...

Les deux époux s’étreignirent ardemment, s’embrassèrent avec passion.

Heureux d’être l’un près de l’autre, se serrant comme pour réagir contre la crainte que leur avait fait passer dans tout l’être la possibilité entrevue d’une séparation, ils protestaient, en s’embrassant ainsi, contre l’idée même de ce divorce dont l’Empereur avait parlé. Rien ne pourrait les désunir. Ils s’affirmaient, dans cette muette et douce étreinte, que jamais la pensée ne leur était venue d’une pareille trahison. Ils se rassuraient mutuellement contre le vague péril dont la volonté impériale les avait menacés.

—Et qu’as-tu répondu à l’Empereur? redemanda après un long silence Catherine, se dégageant un peu.

Lefebvre entraîna sa femme vers un canapé, la fit asseoir auprès de lui, et murmura, en la regardant tendrement, la main dans la main, les yeux dans les yeux: