—Vous avez quelque peu conspiré, marquis?
—J'ai été de toutes les conspirations, monsieur, répondit vivement M. de Louvigné... C'est ainsi que j'ai servi d'intermédiaire aux princes avec MM. de Cadoudal, Pichegru, Fouché, Talleyrand, Moreau. Bernadotte, notre dernier espoir, s'est singulièrement refroidi... Il travaille à présent pour lui, le prince de Ponte-Corvo; c'est un ambitieux et un ingrat!... il ne faut plus compter sur cet intrigant... Oh! les hommes sûrs deviennent rares...
—Il s'en trouve d'autres... Fouché et Talleyrand seront toujours avec ceux qui réussiront... Mais, je vous le disais tout à l'heure, en écoutant ce maudit canon, il n'y a qu'un moyen, un seul, qui puisse nous débarrasser de l'Empire...
—C'est d'en finir avec l'Empereur... Nous y avons pensé... nous avons cherché...
—Mal! Usé, dangereux, trop incertain, le vieux moyen des conspirations civiles et militaires... ces maladroits de Philadelphes, dont vous êtes...
—Dont j'étais!... Je me suis retiré.
—Vous avez bien fait!... ils n'ont réussi qu'à se faire tuer à l'ennemi, car on les postait aux endroits les plus dangereux...; les plus favorisés se sont mis à l'abri dans les prisons... Il faut aborder le tyran face à face et le frapper... Voilà mon moyen!... Voulez-vous me faciliter l'occasion de le soumettre aux princes?...
—Vous avez un plan?
—J'en aurai un... Emmenez-moi à Londres...
—Je veux bien vous introduire auprès de Leurs Altesses, car vous me paraissez un homme résolu...