Ces trois conspirateurs donnaient à Marcel des renseignements sur les efforts que faisaient les Philadelphes pour se reconstituer, à Bordeaux, dans le Poitou et dans les régions de l'Est.
On n'attendait qu'une occasion, et le signal d'une insurrection serait donné.
Tout en trinquant à leurs espérances, les quatre Philadelphes tendaient l'oreille, attendant le canon qui devait annoncer la naissance de l'enfant impérial.
Pour eux aussi cette nativité était importante. Napoléon sans héritier serait plus vulnérable. Un fils, en consolidant le trône, en apparaissant aux yeux de l'armée et du peuple comme l'héritier légal du nom formidable de Napoléon, comme le continuateur de son œuvre, de sa puissance, ôtait bien des chances de réussite aux plans des conjurés.
Ils achevaient d'échanger leurs vues et de formuler leurs projets, quand un coup de canon retentit...
Une immense clameur s'éleva en même temps du Carrousel...
Mille poitrines anxieuses lançaient un confus rugissement où il y avait de l'espoir, de l'acclamation, de la joie, du brouhaha instinctif et dépourvu de son précis. On se détendait les nerfs, on se soulageait de l'irritation de l'attente dans ce long et rauque murmure.
Le canon des Invalides avait parlé... l'enfant impérial était né!...
Était-ce un prince?... L'épée de Napoléon tombait-elle en quenouille?
Un second coup venait d'éclater, après un intervalle d'une minute...