Cet officier supérieur disait:
Voulez-vous permettre à un combattant de l'armée de Châlons de vous adresser quelques réflexions au sujet de votre réponse au capitaine bavarois Tanera! Je ne suis pas étonné que ce capitaine ait critiqué votre livre; il est dans son rôle. Les Allemands ont toujours affecté de grossir les difficultés qu'ils ont rencontrées: c'est ainsi qu'ils ont soutenu que le maréchal Bazaine avait rempli tout son devoir!
Oui, «la vérité doit se dire»; cette vérité n'est-elle pas le meilleur garant de l'avenir? Ce n'est pas avec des illusions que nous ferons revivre les gloires militaires du passé.
Oui, nous avons eu des généraux ignorants, incapables; j'en ai connu qui ne savaient pas lire une carte! Mais, tout en reconnaissant le sentiment patriotique dont vous êtes inspiré, je dois dire que vous avez généralisé ce qui n'était qu'une exception.
Quant aux autres officiers, si ceux que vous avez dépeints ont pu exister, ils n'étaient, eux aussi, qu'une exception. Entre le capitaine Baudoin et le lieutenant Rochas, il y avait place pour l'officier intelligent, instruit, énergique, tout à fait à la hauteur de ses fonctions.
Si vous n'avez pas épargné les chefs, avez-vous, comme vous le prétendez, rendu complètement justice aux soldats?
Vous affirmez que, dans l'affolement de la défaite, il y a eu des soldats qui ont jeté leurs armes. Je puis certifier que, dans le 1er corps (corps Ducrot), ce fait ne s'est jamais produit, ni à Wissembourg, ni à Frœschwiller, ni à Sedan.
Émile Zola répondit au colonel de Ponchalon:
Paris, 18 octobre 1892.
Monsieur,