UN CADET (à mi-voix):
C'est un homme
Arrivé ce matin.
CYRANO (faisant un pas vers Christian):
Ce matin ?
CARBON (à mi-voix):
Il se nomme
Le baron de Neuvil. . .
CYRANO (vivement, s'arrêtant):
Ah ! C'est bien. . .
(Il pâlit, rougit, a encore un mouvement pour se jeter sur Christian):
Je. . .
(Puis, il se domine, et dit d'une voix sourde):
Très bien. . .
(Il reprend):
Je disais donc. . .
(Avec un éclat de rage dans la voix):
Mordious !. . .
(Il continue d'un ton naturel):
que l'on n'y voyait rien.
(Stupeur. On se rassied en se regardant):
Et je marchais, songeant que pour un gueux fort mince
J'allais mécontenter quelque grand, quelque prince,
Qui m'aurait sûrement. . .
CHRISTIAN:
Dans le nez !. . .
(Tout le monde se lève. Christian se balance sur sa chaise.)
CYRANO (d'une voix étranglée):
Une dent,—
Qui m'aurait une dent. . .et qu'en somme, imprudent,
J'allais fourrer. . .
CHRISTIAN:
Le nez. . .
CYRANO:
Le doigt. . .entre l'écorce
Et l'arbre, car ce grand pouvait être de force
À me faire donner. . .'
CHRISTIAN:
Sur le nez. . .
CYRANO (essuyant la sueur à son front):
Sur les doigts.
—Mais j'ajoutai: Marche, Gascon, fais ce que dois !
Va, Cyrano ! Et ce disant, je me hasarde,
Quand, dans l'ombre, quelqu'un me porte. . .