RAGUENEAU:
. . .Et puis, elle est partie avec un mousquetaire !
Seul, ruiné, je me pends. J'avais quitté la terre.
Monsieur de Bergerac entre, et, me dépendant,
Me vient à sa cousine offrir comme intendant.
LA DUÈGNE:
Mais comment expliquer cette ruine où vous êtes ?
RAGUENEAU:
Lise aimait les guerriers, et j'aimais les poètes !
Mars mangeait les gâteaux qui laissait Apollon:
—Alors, vous comprenez, cela ne fut pas long !
LA DUÈGNE (se levant et appelant vers la fenêtre ouverte):
Roxane, êtes-vous prête ?. . .On nous attend !
LA VOIX DE ROXANE (par la fenêtre):
Je passe
Une mante !
LA DUÈGNE (à Ragueneau, lui montrant la porte d'en face):
C'est là qu'on nous attend, en face.
Chez Clomire. Elle tient bureau, dans son réduit.
On y lit un discours sur le Tendre, aujourd'hui.
RAGUENEAU:
Sur le Tendre ?
LA DUÈGNE (minaudant):
Mais oui !. . .
(Criant vers la fenêtre):
Roxane, il faut descendre,
Ou nous allons manquer le discours sur le Tendre !
LA VOIX DE ROXANE:
Je viens !
(On entend un bruit d'instruments à cordes qui se rapproche.)
LA VOIX DE CYRANO (chantant dans la coulisse):
La ! la ! la ! la !