CYRANO:
Il écrit ?

ROXANE:
Mieux encor ! Écoutez donc un peu:
(Déclamant):
Plus tu me prends de cœur, plus j'en ai !. . .
(Triomphante, à Cyrano):
Hé ! bien ?

CYRANO:
Peuh !. . .

ROXANE:
Et ceci: Pour souffrir, puisqu'il m'en faut un autre,
Si vous gardez mon cœur, envoyez-moi le vôtre !

CYRANO:
Tantôt il en a trop et tantôt pas assez.
Qu'est-ce au juste qu'il veut, de cœur ?. . .

ROXANE (frappant du pied):
Vous m'agacez !
C'est la jalousie. . .

CYRANO (tressaillant):
Hein !. . .

ROXANE:
. . .d'auteur qui vous dévore !
—Et ceci, n'est-il pas du dernier tendre encore ?
Croyez que devers vous mon cœur ne fait qu'un cri,
Et que si les baisers s'envoyaient par écrit,
Madame, vous liriez ma lettre avec les lèvres !. . .

CYRANO (souriant malgré lui de satisfaction):
Ha ! ha ! ces lignes-là sont. . .hé ! hé !
(Se reprenant et avec dédain):
mais bien mièvres !

ROXANE:
Et ceci. . .