CYRANO:
Oui. . .je. . .
(A Christian bas):
Tu vas trop vite.
CHRISTIAN:
Puisqu'elle est si troublée, il faut que j'en profite !
CYRANO (à Roxane):
Oui, je. . .j'ai demandé, c'est vrai. . .mais justes cieux !
Je comprends que je fus bien trop audacieux.
ROXANE (un peu déçue):
Vous n'insistez pas plus que cela ?
CYRANO:
Si ! j'insiste. . .
Sans insister !. . .Oui, oui ! votre pudeur s'attriste !
Eh bien ! mais, ce baiser. . .ne me l'accordez pas !
CHRISTIAN (à Cyrano, le tirant par son manteau):
Pourquoi ?
CYRANO:
Tais-toi, Christian !
ROXANE (se penchant):
Que dites-vous tout bas ?
CYRANO:
Mais d'être allé trop loin, moi-même je me gronde;
Je me disais: tais toi, Christian !. . .
(Les théorbes se mettent à jouer):
Une seconde !. . .
On vient !
(Roxane referme la fenêtre. Cyrano écoute les théorbes, dont l'un joue un air folâtre et l'autre un air lugubre):
Air triste ? Air gai ?. . .Quel est donc leur dessein ?
Est-ce un homme ? Une femme ?—Ah ! c'est un capucin !
(Entre un capucin qui va de maison en maison, une lanterne à la main, regardant les portes.)