CARBON (aux cadets):
Messieurs, préparez-vous !
(Tous se lèvent. Bruit d'épées et de ceinturons qu'on boucle.)
DE GUICHE:
C'est dans une heure.
PREMIER CADET:
Ah !. . .bien !. . .
(Ils se rasseyent tous. On reprend la partie interrompue.)
DE GUICHE (à Carbon):
Il faut gagner du temps. Le maréchal revient.
CARBON:
Et pour gagner du temps ?
DE GUICHE:
Vous aurez l'obligeance
De vous faire tuer.
CYRANO:
Ah ! voilà la vengeance ?
DE GUICHE:
Je ne prétendrai pas que si je vous aimais
Je vous eusse choisis vous et les vôtres, mais,
Comme à votre bravoure on n'en compare aucune,
C'est mon Roi que je sers en servant ma rancune.
CYRANO (saluant):
Souffrez que je vous sois, monsieur, reconnaissant.
DE GUICHE (saluant):
Je sais que vous aimez vous battre un contre cent.
Vous ne vous plaindrez pas de manquer de besogne.
(Il remonte, avec Carbon.)