CHRISTIAN:
Ce petit rond ?. . .

CYRANO (reprenant la lettre vivement, et regardant d'un air naïf):
Un rond ?. . .

CHRISTIAN:
C'est une larme !

CYRANO:
Oui. . .Poète, on se prend à son jeu, c'est le charme !. . .
Tu comprends. . .ce billet,—c'était très émouvant:
Je me suis fait pleurer moi-même en l'écrivant.

CHRISTIAN:
Pleurer ?. . .

CYRANO:
Oui. . .parce que. . .mourir n'est pas terrible.
Mais. . .ne plus la revoir jamais. . .voilà l'horrible !
Car enfin je ne la. . .
(Christian le regarde):
nous ne la. . .
(Vivement):
tu ne la. . .

CHRISTIAN (lui arrachant la lettre):
Donne-moi ce billet !
(On entend une rumeur, au loin, dans le camp.)

LA VOIX D'UNE SENTINELLE:
Ventrebieu, qui va là ?
(Coups de feu. Bruits de voix. Grelots.)

CARBON:
Qu'est-ce ?. . .

LA SENTINELLE (qui est sur le talus):
Un carrosse !
(On se précipite pour voir.)