CYRANO:
Que Montfleury s'en aille,
Ou bien je l'essorille et le désentripaille !

UNE VOIX:
Mais. . .

CYRANO:
Qu'il sorte !

UNE AUTRE VOIX:
Pourtant. . .

CYRANO:
Ce n'est pas encor fait ?
(Avec le geste de retrousser ses manches):
Bon ! je vais sur la scène en guise de buffet,
Découper cette mortadelle d'Italie !

MONTFLEURY (rassemblant toute sa dignité):
En m'insultant, Monsieur, vous insultez Thalie !

CYRANO (très poli):
Si cette Muse, à qui, Monsieur, vous n'êtes rien,
Avait l'honneur de vous connaître, croyez bien
Qu'en vous voyant si gros et bête comme une urne,
Elle vous flanquerait quelque part son cothurne.

LE PARTERRE:
Montfleury ! Montfleury !—La pièce de Baro !—

CYRANO (à ceux qui crient autour de lui):
Je vous en prie, ayez pitié de mon fourreau:
Si vous continuez, il va rendre sa lame !
(Le cercle s'élargit.)

LA FOULE (reculant):
Hé ! là !. . .