LE PARTERRE:
Qu'il rentre !

LES UNS:
Non !

LES AUTRES:
Si !

UN JEUNE HOMME (à Cyrano):
Mais à la fin, monsieur, quelle raison
Avez-vous de haïr Montfleury ?

CYRANO (gracieux, toujours assis):
Jeune oison,
J'ai deux raisons, dont chaque est suffisante seule.
Primo: c'est un acteur déplorable, qui gueule,
Et qui soulève avec des han ! de porteur d'eau,
Le vers qu'il faut laisser s'envoler !—Secundo:
Est mon secret. . .

LE VIEUX BOURGEOIS (derrière lui):
Mais vous nous privez sans scrupule
De la Clorise ! Je m'entête. . .

CYRANO (tournant sa chaise vers le bourgeois, respecteusement):
Vieille mule !
Les vers du vieux Baro valant moins que zéro,
J'interromps sans remords !

LES PRÉCIEUSES (dans les loges):
Ha !—Ho !—Notre Baro !
Ma chère !—Peut-on dire ?. . .Ah ! Dieu !. . .

CYRANO (tournant sa chaise vers les loges, galant):
Belles personnes,
Rayonnez, fleurissez, soyez des échansonnes
De rêve, d'un sourire enchantez un trépas,
Inspirez-nous des vers. . .mais ne les jugez pas !

BELLEROSE:
Et l'argent qu'il va falloir rendre !