ROXANE:
J'étais jolie, alors ?
CYRANO:
Vous n'étiez pas vilaine.
ROXANE:
Parfois, la main en sang de quelque grimpement,
Vous accouriez !—Alors, jouant à la maman,
Je disais d'une voix qui tâchait d'être dure:
(Elle lui prend la main):
'Qu'est-ce que c'est encor que cette égratignure ?'
(Elle s'arrête stupéfaite):
Oh ! C'est trop fort ! Et celle-ci !
(Cyrano veut retirer sa main):
Non ! Montrez-la !
Hein ? à votre âge, encor !—Où t'es-tu fait cela ?
CYRANO:
En jouant, du côté de la porte de Nesle.
ROXANE (s'asseyant à une table, et trempant son mouchoir dans un verre d'eau):
Donnez !
CYRANO (s'asseyant aussi):
Si gentiment ! Si gaiement maternelle !
ROXANE:
Et, dites-moi,—pendant que j'ôte un peu le sang,—
Ils étaient contre vous ?
CYRANO:
Oh ! pas tout à fait cent.
ROXANE:
Racontez !
CYRANO:
Non. Laissez. Mais vous, dites la chose
Que vous n'osiez tantôt me dire. . .