Je vais voguer sur l'eau glauque et lisse des Syrtes,

Où ma belle galère aux flancs ornementés

Mire le jour des fleurs et le soir des clartés ;

Et puis, du son des luths que le plectre suscite

Je donne de l'envol aux vers que je récite ;

Et puis, m'enfermant seule en ces vastes pourpris,

Je m'y attriste, — et ma tristesse a bien son prix! —

Enfin, j'erre aux parfums de ces lys sur ces dalles,

Et le rêve, m'ouvrant de vaporeux dédales,

M'oblige à peu à peu déserter le réel,