«Qu'y a-t-il pour votre service? demanda-t-il à l'empereur.

—Mais rien, mon ami; je suis venu, en qualité de voisin et de confrère, saluer Ta Majesté.

—Oserai-je demander à la vôtre d'où elle vient?

—Ose, oui, ose, mon camarade; je ne vois pas pourquoi tu n'oserais pas. Je viens de mon île, qui est à peu près à quinze lieues de la tienne. Comment se porte Ta Majesté?

—Bien, et vous? je vois avec plaisir que vous paraissez jouir d'une bonne santé.

—Ça ne va pas trop mal comme ça. Mais voilà assez de cérémonies. J'invite Ta Majesté à conduire la mienne dans ta maison, pour nous rafraîchir, car j'ai soif.»

Les deux monarques allèrent amicalement se rafraîchir dans la case royale:

Or, il est temps de vous dire que le roi de l'île inconnue avait la plus belle femme de tous ses états. C'était un vrai colosse: cinq pieds huit à neuf pouces; une peau comme une peau d'orange, mais douce comme un gant, et des appas relevés en bosses d'or, et à coups de palan, jusqu'au menton. Aussitôt que Nasica Ier eut vu la reine, il dit au mari de cette aimable princesse: «Voilà qui n'est pas mal, et je ferais bien mon affaire de votre femme.

—Vous êtes trop bon, lui répondit le roi; mais j'en fais moi-même mon affaire aussi, et tout seul.

—C'est dommage. Je voudrais dire un mot en particulier à la reine sur la politique des deux états.