1833

PARIS, IMPRIMERIE DE DECOURCHANT, Rue d'Erfurth, n° 1. près de l'Abbaye.


TABLE.

[LES PREMIERS JOURS DE MER.]
[LE ROI-MATELOT.]
[PETITE GUERRE EN MER.]
[BARBE-ROUGE.]
[UN NÉGRIER.]
[FOLIES DE BORD.]
[LE NAUFRAGÉ DE LA BARBOUDE.]
[UN CONTRE-AMIRAL EN BONNE FORTUNE.]
[PETIT COMBAT.]
[LE NOVICE DES ASPIRANS DE MARINE.]
[LE FORBAN MON AMI.]
[NOTES.]


LES PREMIERS JOURS DE MER.

Moeurs des Marins au large.

Les observateurs qui ont vu d'un oeil curieux s'éloigner du port un navire emportant au loin sur les mers un équipage sortant du cabaret, n'ont pas manqué de raconter, et les adieux du matelot à ses amis, et les baisers effusifs dont il couvre les filles en pleurs qu'il va quitter peut-être pour toujours. Sans doute il y a quelque chose d'étrange dans ce spectacle du capitaine impatient, qui gourmande l'hésitation de ces marins, qui semblent se rattacher à la terre, en prodiguant toutes les marques possibles d'affection aux objets qu'ils abandonnent sur ce rivage qui va disparaître à leurs yeux pénétrés de regret. Mais ce n'est pas au moment du départ que le matelot est l'être le plus intéressant à observer: c'est quand il se sent une fois au large que la plus singulière des métamorphoses qu'il peut subir s'opère dans son individu pour ainsi dire multiple.