—Hélas! il n'y a plus moyen maintenant, mon commandant; vous arrivez trop tard. Grâces à votre complaisance, j'ai gagné, dans mon dernier voyage, de quoi vivre à terre. Vous m'avez donné ma retraite.

—Et vous, vous m'avez fait me donner au diable. Mais, à propos, vous me devez les armes que vous avez prises à mes onze bommes.

—Oui, commandant; et vous, vous me devez une chaloupe, ma drome et mes onze sacs à biscuit.

—Allons, je vois que vous êtes un farceur. Nous dînerons ensemble aujourd'hui, puisque je n'ai pas réussi à vous faire pendre à l'Ile-de-France!

—Une autre fois, peut-être, vous serez plus heureux. En attendant, c'est moi qui dois vous payer à dîner.

—Non pas; c'est moi.

—Vous plaisantez; c'est à moi, pour reconnaître le petit service que vous m'avez rendu!

—C'est plutôt à moi, pour le tour que vous m'avez joué.»

Les deux capitaines dînèrent ensemble.