—Mais, mon général, le métier que font probablement ces deux dames.
—Vous avez raison, elles sont deux, et elles me paraissent même être assez gentilles. Ecoutez! elles parlent.... Il me semble même qu'elles parlent de nous.»
Une de ces dames, en effet, en voyant passer le petit cortège, s'était écriée avec le doux accent de la curiosité et de l'intérêt:
«Ah! c'est le général français nouvellement arrivé!
—Voyez-vous, monsieur mon aide-de-camp, reprend l'amiral en recueillant ces paroles tendrement provocatrices, voyez-vous que ce sont des Françaises!... Mesdames, j'ai bien l'honneur de vous saluer....»
Les dames répondent gracieusement à ce salut.... La porte de la rue, près de laquelle les deux passans se sont arrêtés, s'entr'ouvre au même instant. Les matelots qui portaient les fanaux destinés à éclairer le général, se sont arrêtés aussi.... Mais le général leur ordonne de continuer leur route sans lui, en leur recommandant d'avertir leur patron qu'il ira bientôt rejoindre son canot.
Resté seul avec son aide-de-camp, et délivré de la présence importune de ses deux matelots, il reprend plus librement la conversation avec son interlocateur.
«Si, pour la singularité du fait, nous montions, monsieur l'aide-de-camp?
—Chez ces dames?
—Mais où voulez-vous que nous montions, si ce n'est chez elles?