—Et quelle grâce, mademoiselle?

—Celle de me permettre d'aller à Tomé avec vous.

—Et quel besoin avez-vous d'aller à Tomé?

—Quel besoin? Ah! monsieur, si vous saviez....» Et la jeune fille à ces mots fondit en larmes.

«Quel est votre nom? êtes-vous de Perros?

—Monsieur, je suis du village de la Clarté, je me nomme Marie Angel.»

A ce nom, dont je fus frappé comme d'un coup de foudre, je me rappelai avec une vive et poignante douleur la conversation de l'avant-veille entre Fournerat et son ami.... Pauvre Fournerat!

«Mais, mademoiselle, je ne sais trop si, pour vous-même, je dois vous permettre de venir à Tomé. Je crois devoir vous épargner le spectacle douloureux que vous venez chercher peut-être à l'insu de votre père, de votre famille.

—Oh! je vous le demande en grâce, monsieur: ne me refusez pas. Je ne pleurerai pas, je vous le jure, et je tiendrai si peu de place dans votre embarcation....

—Allons, venez, puisque vous le voulez. Je crains également de vous recevoir dans ma péniche, et de vous désobliger en vous refusant..... Embarquez-vous.»