à la barbacane que par un étroit passage précédé d’un pont facile à défendre par le redan adjacent à la poterne de la barbacane.
Le passage de la porte était défendu par deux herses semblables à celles de la porte du château, puis par des vantaux derrière la première herse, qui était précédée d’un large mâchicoulis protégeant la première herse vers l’entrée.
Le mode de construction des portes d’enceintes fortifiées suivit les progrès réalisés par les architectes militaires, progrès que nous avons étudiés dans le chapitre premier de cette troisième partie, au point de vue de la défense des places qui, pendant le XIVᵉ siècle, paraît avoir été supérieure à l’attaque. Les méthodes de construction se perfectionnèrent alors dans les détails, jusqu’au moment où l’artillerie à feu changea les conditions de l’attaque et, par conséquent, celles de la défense des forteresses.
Fig. 190.—Enceinte de Dinan. Porte du Jerzual.
Les portes des enceintes fortifiées se modifièrent au XIVᵉ siècle, non seulement dans la forme des tours défendues au sommet par des hourds fixes—en pierre remplaçant désormais les hourds mobiles en bois—ou des passages munis de herses, de vantaux et de mâchicoulis, mais encore par l’invention des ponts-levis. On sait que le pont-levis consiste en un tablier, en charpente, suspendu à l’aide de chaînes à des poutres en bascule; abaissé en dehors pour franchir le fossé, ce tablier, se relevant par l’abaissement à l’intérieur des poutres-leviers pivotant sur un axe, venait s’appliquer sur la face extérieure de la courtine, formant ainsi un premier vantail qu’il fallait enfoncer ou abattre en coupant les chaînes de suspension.
Il est facile de comprendre que ce nouveau mode de pont était d’un usage plus utile et plus sûr que l’ancien pont dont nous avons parlé à propos de la porte du château de Carcassonne; ce pont mobile en avant de la porte devait être enlevé pièce à pièce par une manœuvre assez longue et, par conséquent, qui ne pouvait s’effectuer sur-le-champ en cas d’alerte.
Une des premières applications de ce système semble avoir été faite à Aigues-Mortes. Les portes à l’est, à l’ouest et au sud sont construites selon l’usage adopté au XIIIᵉ siècle, principalement à Carcassonne; mais la porte du nord, dite de la Gardette, construite ou modifiée au XIVᵉ siècle, montre les rainures des bras d’un pont-levis et la porte en arc brisé est encadrée d’une feuillure carrée destinée à recevoir le tablier relevé.
L’usage des ponts-levis en avant des portes se généralisa au XIVᵉ siècle et donna naissance à des combinaisons très ingénieuses. La porte du Jerzual, à Dinan, qui paraît remonter à la fin du XIVᵉ siècle, nous en donne un exemple des plus curieux. Elle n’est pas ouverte entre deux tours selon l’usage ordinaire; elle a été pratiquée dans une des tours mêmes de l’enceinte fortifiée; le tablier était attaché à deux leviers dont on voit les rainures extérieures, qui devaient former une sorte de vantail dont les bras-leviers étaient le prolongement; celui-ci, manœuvré de l’intérieur de la tour, se levant à l’aide d’une chaîne passant dans l’ouverture carrée de la voûte, en pivotant horizontalement sur les consoles