de secours. Ils donnèrent une hauteur exagérée aux archivoltes et aux grandes fenêtres en diminuant leurs épaisseurs, afin d’obtenir plus de légèreté, et la voûte de la nef centrale s’éleva à plus de cinquante mètres au-dessus du sol. Cette hauteur énorme et dont l’exagération, par rapport à la largeur du vaisseau, est évidente, nécessita un système compliqué d’arcs-boutants, dépassant en hardiesse tout ce qui avait été fait jusqu’alors. La coupe (fig. [51]) peut donner une idée exacte de ce qu’on a appelé, justement, une folie, et ce qui doit étonner, c’est que cette construction ait duré, étant donnée la disposition des piles intermédiaires portant à faux, indiquée par la ligne ponctuée X (fig. [51]), de moitié de leur épaisseur sur les
Fig. 49.—Cathédrale de Beauvais.—Abside.
piles inférieures qui se sont déformées sous la charge, qui ont dû être étrésillonnées et qui devront être
Fig. 50.—Cathédrale de Beauvais. Façade nord.
consolidées.
Cependant, le chœur fut achevé vers 1270 et se maintint pendant quelques années; mais des désordres se produisirent dans ces constructions, si légèrement établies qu’elles semblaient être un échafaudage de pierres, et les voûtes s’écroulèrent le 29 novembre 1284, entraînant dans leur chute une partie des arcs-boutants, disloquant et ébranlant le reste de l’édifice. Il fallut alors, en reconstruisant les voûtes, doubler les points d’appui dans les travées du chœur et des bas côtés et relier les arcs-boutants par des chaînages en fer.
Pendant le XIIIᵉ siècle, un grand nombre de cathédrales s’élevèrent dans toute l’Europe, à l’exemple des grands édifices du nord de la France et particulièrement d’Amiens, qui paraît avoir excité, vers le milieu du XIIIᵉ siècle, un grand enthousiasme, mais sur des dimensions plus modestes; ils ne présentent pas d’ailleurs les dimensions exagérées, ni les hardiesses de construction de leur modèle. Ces églises et ces cathédrales, dont la reconstruction suivant les nouvelles méthodes