Comme le beffroi, le campanile italien est un édifice le plus souvent isolé, mais ordinairement élevé dans le voisinage d’une église. Parmi les campaniles célèbres, on cite ceux de Florence, commencés sur les plans de Giotto, au XIVᵉ siècle; de Padoue, de Ravenne, et la fameuse tour penchée de Pise.
En France, on donne le nom de campanile aux petits clochers à jour qui, dans certaines églises, surmontent le mur de la façade, ajouré d’arcades dans lesquelles sont suspendues de petites cloches.
Les plus anciens clochers élevés dans les provinces qui ont formé la France présentent de grandes analogies avec les monuments byzantins, quant à la forme, sinon par les détails de leur construction. L’un des plus remarquables est le clocher de Saint-Front, à Périgueux, qui paraît avoir été construit dans les premières années du XIᵉ siècle, au-dessus de la sépulture de saint Front, sur deux travées de l’église latine à trois nefs, du VIᵉ siècle, dont on a retrouvé les traces certaines à l’ouest de la grande église à coupoles[33].
Fig. 84.—Campanile de Giotto, à Florence (Italie).
Le clocher de Saint-Front se compose de trois étages carrés, en retraite l’un sur l’autre et couronnés par une coupole conique portée sur une colonnade circulaire formée de colonnes, de hauteur et de diamètre différents, provenant de monuments romains de la région.
Ce remarquable édifice exerça une influence considérable et il servit de type aux architectes des provinces voisines. Le clocher de l’église abbatiale de Brantôme en offre un exemple perfectionné, dans lequel les constructeurs évitèrent les porte-à-faux de Saint-Front; celui de Saint-Léonard, près de Limoges, présente des dispositions très originales par la forme octogone de son couronnement. Les architectes de l’Auvergne apportèrent encore de grands perfectionnements en établissant, comme au Puy, des colonnes ou des piles intérieures destinées à porter, de fond, les retraites successives des étages supérieurs de la tour[34].
Fig. 85.—Cathédrale de Bayeux. Tours clochers de la façade.
Il faut remarquer que, malgré l’importance considérable donnée à ces édifices, l’emplacement destiné aux clochers était restreint, ce qui amène à croire que les clochers n’étaient pas destinés uniquement à loger les cloches. Au XIᵉ siècle, le clocher était à l’église, abbatiale ou cathédrale, ce qu’était le donjon au château féodal, c’est-à-dire le signe de la puissance. Les abbés et les évêques possédant les mêmes