Fig. 109.—Statuette en bois (0ᵐ,25 de hauteur) (XIVᵉ siècle).—Ateliers de Paris.
fort en retard dans ces provinces. Il n’a plus le caractère byzantin des enroulements, des rinceaux et des feuillages fantastiques de l’époque romane; il se rend indépendant et va prendre directement ses types dans la flore indigène[42]. Les plantes de notre pays se pétrifient en quelque sorte pour s’appliquer aux éléments d’architecture de nos églises, mais en se prêtant
Fig. 110.—Diptyque en ivoire (0ᵐ,16 de hauteur) (XIVᵉ siècle). Ateliers de l’Ile-de-France.
d’abord, par d’ingénieuses combinaisons, à l’ampleur que doit conserver la sculpture.
C’est aux XIVᵉ et XVᵉ siècles seulement que la reproduction devient servile, minutieuse, banale, et sacrifie les ensembles à l’exactitude exagérée des détails[43].
Il faut remarquer que la décadence, visible déjà dans la sculpture monumentale, ne se manifeste pas autant ni aussi rapidement dans la sculpture intime, pour ainsi dire: l’imagerie. Au XIIIᵉ et au XIVᵉ siècle, tous
Fig. 110 bis.—Diptyque en ivoire (0ᵐ,07 de hauteur) (XIVᵉ siècle). Ateliers de l’Ile-de-France.
les sculpteurs étaient des imagiers; mais, à la fin de ce dernier siècle et pendant le XVᵉ, on désignait, sous la dénomination d’imagiers, les tailleurs d’images en bois, en ivoire, etc. Dans leurs ateliers, l’art s’était maintenu, comme celui des orfèvres particulièrement, qui fabriquaient des images de haut et bas-relief en métaux précieux, grâce aux maîtrises, dont les règlements, établis avec une sévérité protectrice, ont porté et soutenu les arts décoratifs français à un si haut degré de perfection. Les admirables stalles en bois sculpté d’Amiens, d’Auch et d’Albi, pour ne citer que les plus justement célèbres, témoignent du talent vigoureux des imagiers des XIVᵉ et XVᵉ siècles.